Après 4 représentations au Point H^ut en septembre dernier, Autre Aurore s’envisage au sein de nouveaux espaces, lieux et temps de diffusion. Contactez-nous pour plus d’informations sur cette aventure performative nietzschéenne !

Lien vidéo Autre Aurore : https://vimeo.com/147102711

Film court de 8 minutes réalisé par Fabien Delisle.

© Cie Marouchka

ESPACES

Initialement, Autre Aurore se rêvait dans un espace non théâtral, plutôt intimiste au plus près des protagonistes, danseur, acteur, musicien, et de l’écriture de Nietzsche, comme pour s’approcher de la pensée en mouvement.

La matière du projet est la pensée en mouvement : il se doit donc d’être fondamentalement mobile, chaque étape de travail trace un mouvement.

Sa forme s’impose dans la distance, la hauteur, le chemin, le sillon. Le proche devient le lointain, le parcours devient profondeur, la proximité devient éloignement, le vide devient l’expérience du vide, peut-être même vertigineuse, et la présence des spectateurs est d’emblée dans une nouvelle perspective, présence et regard modifiés. Le travail sonore et musical évidemment bouleversé par les volumes.

UNE PERFORMANCE

Les tiges de fer promènent leurs pinceaux dans les rondes de charbons. Suspendues. En rotation. Elles tracent les lignes discontinues de leurs balanciers en ellipse. Un équilibre en mouvement. Elles envahissent par leur dessin. Contraignent les trajectoires. Mène le corps sur des chemins à tracer par lui-même. Un corps qui observe. Qui prend le temps d’un point de départ sur une pensée fragmentée. Celle d’un autre. Pas n’importe laquelle. Celle de Nietzsche.

Puis il agit. S’affaire. Danse les chemins frayés au son des machines. Il avance, s’efforce, échoue, recule, tombe, revient. Déterminé. Acharné. Harassé. Il danse des passages frayés. Des passages frayés entre les mots. Entre les sons. Entre les rondes de charbon. Il creuse dans l’obscurité de son dessein aveugle. Guidé d’une voix. Une voix de la pensée. Une voix de la pensée de Nietzsche.

Nietzsche est la voix d’une femme dans une machine incontournable. Dans une répétition incontournable. La voix s’efface. Le corps s’arrête. Le son rend la présence de la machine. Plus forte. Là. Au dessus. Partout. Omniprésente. L’oreille est submergée. Et il s’atténue. Se fond. S’intègre. Accompagne pour voir disparaître. Laisser place aux mots. A l’esprit. A ses transcriptions. A ses inscriptions. La voix fait empreinte. La voix fait corps. Elle résonne en acte. Cueille l’attention indisciplinée jusqu’à ce qu’il échoue. Las. Là. Au cœur d’un cercle de charbon qu’il aurait creusé. Sûrement. Seule la trace de la chute témoigne de l’action. Seule la trace de sa chute reste là, immobile. Seule la trace reste au centre. Et comme seul son, les pinceaux qui dessinent le charbon. Sans cesse. La voix de Nietzsche revient au cœur. Elle tourne sur elle-même dans une fin que ne serait que le début. Elle tourne sur elle même et y dépose son silence. Ecrit. En mouvement.

Julie VERIN

DISTRIBUTION

Francis PLISSON, conception, chorégraphie et danse…

Karin ROMER, texte et danse…

Sébastien ROUILLER, interactions musicales et sonores…

Jérémie BRUAND, plasticien


 

 

 

 

 

 

 

 

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